Maladies parodontales et diabète type 1 Enquête observationnelle

Chirine Abdel Malak, Nadim Mokbel

Abstract


RésuméLa présente étude avait pour objectifs d’évaluer 1) la prévalence de la maladie parodontale (MP) dans une population de jeunes diabétiques de type 1 au Liban; 2) de la comparer à celle d’un groupe témoin non diabétique répondant aux mêmes critères d’âge et de sexe ; 3) d’effectuer un dosage sanguin de l’interleukine 6 (IL-6) des cas et des témoins et 4) de comparer les résultats aux données récentes de la littérature et analyser les liens potentiels entre ces 2 pathologies.Un dépistage de la MP par examen clinique de toute la bouche a été réalisé chez des patients entre 12 et 25 ans, ayant une moyenne d’indice de plaque inférieure ou égale à 1. Ces patients étaient diabétiques de type 1 depuis plus de 5 ans ; ils fréquentaient le « Chronic Care Center (CCC) ». Le groupe témoin comprenait des non diabétiques répondant aux mêmes critères d’âge et de sexe ; ils fréquentaient le centre de soins dentaires à la faculté de médecine dentaire (FMD) de l’Université Saint- Joseph (USJ).Le nombre de dents absentes, cariées, obturées (CAO), la profondeur de poche parodontale (PP), la perte d’attache clinique (CAL), la récession gingivale (RG), le saignement au sondage (BOP) et l’indice communautaire pour l’évaluation des besoins en soins parodontaux (CPITN) ont été notés. La présence d’une parodontite modérée ou sévère a été définie selon les critères de Page & Eke [1]. L’état civil, les données sociodémographiques des patients, ainsi que leurs habitudes d’hygiène bucco-dentaire, l’ancienneté du diabète, l’équilibre glycémique, les complications et le traitement du diabète, ont été recueillis à partir des dossiers des patients et d’un questionnaire standardisé rempli par ces derniers. Une prise de sang a été réalisée pour doser l’IL-6 chez les cas et les témoins.Quatre-vingt-trois patients diabétiques et 93 témoins des deux sexes ont été inclus dans l’étude. La prévalence de la MP était de 45.7 % pour les formes modérées et 14.4% pour les formes sévères chez les diabétiques, ces résultats étaient de 0% chez* Resident,Dpt of Periodontology, Faculty of Dental Medecine, Saint-Joseph University, Beirut chirineabdelmalak@hotmail.comles témoins. Cette étude a montré que la durée du diabète (p = 0.163), l’âge (p = 0.380), le sexe (p = 0.743), le niveau socioéconomique (p = 0.246) et le statut social (p = 0.313) n’ont pas d’influence sur la maladie parodontale. Par contre, chez les diabétiques non contrôlés, la profondeur de poches était significativement plus grande (p < 0.05).Le taux d’Il- 6 était significativement plus élevé chez les diabétiques par rapport aux sujets sains (p <0.0001) ; il était plus important en présence de maladie parodontale (p <0.0001). La prévalence de la MP chez les jeunes diabétiques libanais de type 1 suivi au CCC est relativement importante et comparable aux résultats d’études récentes. Une prise en charge multidisciplinaire centralisée et un contrôle plus strict des facteurs de risque peuvent constituer une voie de contrôle de cette maladie. Les médiateurs d’inflammation (comme l’IL-6), constituent un lien potentiel entre ces deux maladies et doivent être évalués de façon plus précise dans des études prospectives. AbstractThe aims of the present study were 1) to assess the prevalence of periodontal disease (PD) in a population of young people with type 1 diabetes in Lebanon; 2) to compare it to a nondiabetic control group; 3) to perform blood test of interleukin 6 (IL-6) for cases and controls and 4) to compare the results with the literature and analyze the potential links between these two pathologies.A screening of the pocket depth (PD) by clinical examination of the entire mouth was performed in patients between 12 and 25 years, with a mean plaque index less than or equal to 1, with type 1 diabetes for more than 5 years, attending the Chronic Care Center (CCC). The control group comprised non-diabetics, meeting the same criteria of age and sex and attending the dental care center at the Faculty of Dental Medicine, Saint- Joseph University of Beirut for non-periodontal treatments. The number of decayed, missing, filled teeth (DMF), periodontal pocket depth (PD), clinical attachment loss (CAL), gingival recession (RG), bleeding on probing (BOP) and the Community Periodontal Index of Treatment Needs (CPITN) were screened. The presence of moderate or severe periodontitis was defined by the criteria of Page & Eke [1]. Socio-demographic and personal data of the patients, as well as their oral hygiene habits, the history of diabetes, glycemic control, complications and treatment of diabetes, were collected frompatient records; a standardized questionnaire was filled by the participants as well. A blood test was performed to evaluate the IL-6 among cases and controls.Eighty-three diabetic patients and 93 controls were included in our study. The prevalence of PD was 45.7% for moderate and 14.4% for severe forms in diabetic patients, and 0% in controls. This study showed that the duration of diabetes, age, sex, socioeconomic level, and social status did not influence the periodontal status. However, in uncontrolled diabetes, deep pockets were significantly greater. There was no statistically significant difference between the CAO averages in the two groups. Finally, the rate of IL-6 was significantly higher in diabetics compared to healthy subjects and was greater in the presence of periodontal disease.The prevalence of PD in young type 1 diabetic patients treated at CCC is relatively high and comparable to the literature. A centralized multidisciplinary management and strict control of the risk factors may contribute in controlling this disease. The inflammatory mediators such as IL-6 may constitute a potential link between these two diseases and remains to be assessed more accurately in prospective studies.

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